2021, l’odyssée du collectif ?

Cela fait aujourd’hui pile 10 ans que je me suis lancé dans l’aventure entrepreneuriale et, de très loin, c’est clairement cette dernière année que j’ai le plus appris. Mais de 2020 et son lot d’incertitudes, je retiens une chose particulièrement marquante et structurante pour 2021 et l’avenir : la force du travail en collectif. 

Au-delà de permettre de répondre à l’urgence des crises, le collectif multiplie le potentiel et la portée des projets et me semble aujourd’hui l’une des clés pour imaginer et construire le « monde d’après ».

2021 sera d’abord la force du collectif du Slip Français. Nous avions démarré l’année dernière de la pire des manières avec un épisode qui mettait à mal tout ce que nous avions patiemment construit depuis 10 ans et le socle de valeurs que nous défendons. Quelques semaines plus tard, la crise de la COVID s’ouvrait avec en arrière-plan de la crise sanitaire, ses impacts immenses sur notre industrie, nos 30 ateliers partenaires, nos 23 boutiques fermées et l’incertitude la plus totale quant à l’avenir même de notre entreprise. 

Impliqués, engagés et surtout alignés sur notre mission écrite à la veille du premier confinement de « Réinventer avec panache l’industrie textile française », nous avons travaillé d’arrache-pied pour naviguer de notre mieux l’année 2020. Dans ce contexte économique compliqué, j’en mesure la valeur, 2020 sera notre meilleure année historique à 25 mio de Chiffres d’Affaires et plus de 1.5 mio d’Ebitda. Ces chiffres traduisent l’extraordinaire détermination de notre équipe, son engagement et son agilité de chaque jour pour s’adapter à un quotidien franchement pas simple et je les en remercie à nouveau ici. Mais ces chiffres démontrent aussi la force du collectif de nos ateliers partenaires et fournisseurs à travers la France qui ont su, eux aussi, s’adapter. Et bien sûr celle de nos clients et notre communauté, tous renforcés dans la conviction partagée que la mode peut et doit se réinventer, plus locale, plus durable et que l’intuition du made in France, défendue ensemble depuis 10 ans maintenant est le (bon) sens de l’histoire. 

Merci à chacun d’entre vous de nous soutenir dans ce combat de longue haleine que nous comptons bien continuer à mener ensemble !

2021 ou la force du collectif ensuite bien sûr au sein de Savoir Faire Ensemble. J’en ai souvent parlé ici. Au premier jour de la crise de la COVID, quand la filière textile toute entière se mobilise, quand elle rouvre ses portes pour transformer les lignes de production et fabriquer des masques, produit totalement inconnu pour la plupart ; il était inconcevable pour nous de rester sans rien faire. Mais comment nous rendre utile ? Comment être à la hauteur de notre mission, celle de « Réinventer avec panache l’industrie textile française » ?

Face à l’urgence, nous avons très vite compris que les ateliers avaient besoin d’aide et se posaient tous les mêmes questions : 

  • Quel modèle de masque fabriquer ?
  • Comment s’assurer de leur performance ? 
  • Comment s’approvisionner en matières ? En fournitures ?
  • Comment mettre en place des mesures de sécurité pour les équipes ? 
  • Comment et à qui les donner ? les vendre ? 

Alors, de façon pragmatique, nous avons fait ce que nous faisons toute l’année : nous avons commencé à les aider à se coordonner, à s’organiser. 

De façon totalement bricolée, au début, avec les quelques ateliers que nous connaissons le mieux. Puis, face à l’ampleur de la demande, nous avons mis les bouchées doubles et nous sommes mis au service du Comité Stratégique de la Filière Mode et Luxe, en collaboration étroite avec le Ministère de l’Économie et des Finances, dont la mission est justement de coordonner la filière textile Made in France. 

Au fil des semaines, ce groupement spontané d’entreprises prend le nom de « Savoir Faire Ensemble » et coordonne jusqu’à 1 450 ateliers textiles français dans la fabrication des produits essentiels face au Covid. En 9 mois 180 millions de masques et 12 millions de blouses sont fabriqués.

L’été dernier Savoir Faire Ensemble est devenue une association et je suis très fier d’en être le premier président. Avec toute l’équipe, les 200 entreprises adhérentes et en lien avec Bercy et le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, nous portons l’ambition à long terme de relocaliser la filière textile en France. Il y quelques semaines, nous avons d’ailleurs pu obtenir une première commande de masques de l’État Français mobilisant, pour les fabriquer, 35 usines et 1 800 salariés. Cette action collective est une première dans l’histoire de notre métier et un exemple assurément à suivre pour l’avenir de la filière.

2021 ou la force du collectif enfin avec le mouvement #TechYourPlace initié avec Mozaïk RH et Diversidays pour promouvoir l’inclusion et la diversité dans l’écosystème start-up. Car, on peut se le dire, cet écosystème est loin d’être champion en la matière et ne reflète pas assez l’image de la société française. 

Ce constat a été objectivé récemment par l’étude du collectif RH first Talent qui montre que 80% des start-ups n’ont pas formalisé de politique d’inclusion. Ce chiffre n’est pour moi malheureusement pas un hasard. 

Quand on démarre sa boite, on se concentre sur ses clients, sa trésorerie. Pour recruter, on fait au plus simple, autour de nous.

Un grand nombre de fondatrices et fondateurs sont, comme moi, des diplômé(e)s d’écoles de commerce. Mécaniquement, les équipes, en tout cas au début, leur ressemblent.

Si on ne prend pas conscience de ça en tant que chef d’entreprise et qu’on ne met pas en place une politique d’inclusion rapidement, ça devient vite une façon de recruter systématique.

J’ai rencontré Anthony de Diversidays et Saïd de Mozaik RH en janvier dernier et nous avons travaillé toute l’année 2020 à imaginer une méthode pour faire bouger le lignes : 

– Objectiver les pratiques de l’entreprise via une empreinte Mixity sur les 5 thématiques de la diversité et de l’inclusion (Égalité Femme-Homme, Handicap, Multiculturel, Orientation Sexuelle et Age), 

– Former et sensibiliser les CEO, les DRH mais aussi toutes les équipes opérationnelles au recrutement inclusif via des ateliers toutes les 6 semaines,

– Donner les outils pour recruter : la plateforme diversifiezvostalents.com, les newsletters techyourplace pour mettre en avant des profils, des évènements de jobdating.

Le collectif #TechYourPlace a officiellement été lancé le 7 décembre dernier avec 10 start-ups pionnières et le soutien de la Ministre à l’égalité des chances Elisabeth Moreno. L’objectif 2021 : atteindre 100 start-ups et 10% de recrutement issus de sources inclusives. C’est un début, on sait que le chemin sera long mais il faut bien commencer quelque part. 

2021, résolument donc, l’odyssée du Collectif.

Mais à l’heure des bonnes résolutions justement, derrière cette enthousiasmante façon de travailler en collectif qui donne un souffle nouveau ; je crois que la période hors norme que nous venons de vivre et qui va malheureusement encore durer met encore plus en lumière la nécessité absolue pour les entreprises et toutes les parties prenantes qui la composent d’assumer un rôle plus large que leur seul rôle économique. 

Pour donner du sens à nos métiers, œuvrer collectivement à construire ce « monde d’après », ou en tout cas continuer à le rendre petit à petit plus juste et plus durable, il me parait essentiel, sinon évident, que l’entreprise doit aujourd’hui s’attacher à une véritable mission et ainsi défendre un impact le plus positif possible sur la société et l’environnement.

Si l’entreprise doit assurer sa rentabilité économique ça ne peut tout simplement plus être la seule clé de lecture de sa réussite et son seul objectif. Quelque soit notre rôle au sein de celles-ci nous devons les encourager à bouger, à se transformer.

Là aussi, tout ne sera pas parfait du jour au lendemain, mais il faut bien commencer quelque part et je crois qu’il appartient à chacun de nous, tour à tour, clients, fournisseurs, salariés ou actionnaires, de faire bouger les lignes et d’être collectivement exigeants vis-à-vis de nous-mêmes.

Enfin, ce premier janvier 2021 j’ai eu la belle surprise et la grande fierté d’être nommé chevalier dans l’ordre national du mérite. Je tâcherai de faire de mon mieux pour en être à la hauteur et faire bouger les choses dans le bon sens.

Je souhaite à tous une très belle année 2021, pleine de joies et de projets collectifs à mener ensemble et à très vite pour de nouvelles aventures !

2 commentaires sur “2021, l’odyssée du collectif ?

  1. Grand bravo pour cette année 2020 où tu as su si bien réagir, t’adapter et motiver les autres. Cette nomination me paraît tout à fait méritée et je suis contente pour toi
    Bises

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